Note : 14/20
Présentation : Annie Ernaux consacre ce récit autobiographique à l'évocation de son père décédé.
Mon avis : Cette autobiographie est assez déroutante. Annie Ernaux adopte un ton neutre pour raconter l'histoire de son père, et surtout pour tenter d'expliquer comment le changement de classe sociale a pu les éloigner l'un de l'autre. L'écriture est parfaitement maîtrisée et l'émotion , jamais exprimée, affleure derrière la froideur (la pudeur?) du récit . Toutefois, je trouve le parti pris un peu triste ... J'avais préféré Une Femme, l'autobiographie qu'elle a consacrée à sa mère.
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mercredi 6 mai 2015
samedi 4 avril 2015
L'Homme au fond, Olivier de Solminihac
Présentation :
Le narrateur raconte tout d'abord de manière elliptique ses quarante premières années . Il emménage ensuite dans la maison qu'il vient d'acheter à Dunkerque.
Il remarque un homme qui sort régulièrement au vasistas de la maison
voisine pour fumer. Il est de plus en plus obsédé par la figure de ce
fumeur et par l'histoire d'une plaque commémorative découverte sur le
mur de sa propriété. Il entreprend alors des recherches qui le ramènent
aux souvenirs de la Seconde Guerre mondiale.
Les plus :
- La narration de ce livre est comme une petite musique envoûtante et c'est pourquoi quand je l'ai eu en main, je ne l'ai plus lâché . En deux petites heures il était terminé ! L'utilisation de la 1ère personne du pluriel m'a vraiment intriguée. Un "nous" à la fois singulier et pluriel, voilà de quoi attirer l'attention de la prof de français que je suis !
- autobiographie, roman, essai, documentaire .... On ne sait pas dans quelle catégorie ranger le livre. C'est encore une fois déroutant, mais on se laisse porter... En tous cas c'est une lecture qui fait réfléchir...mais sans brusquer ...tout en douceur...
- L'opération dynamo est évoquée d'une manière très saisissante, pour moi c'est le point d'orgue du livre et c'est là que le talent de l'auteur se dévoile dans sa véritable dimension.
- J'ai vécu toute ma vie à Dunkerque (et surtout à Rosendaël ) et j'ai presque le même âge que l'auteur donc j'ai parfois eu l'impression de voyager dans mes propres souvenirs...
- Disons que je m'attendais à un récit plus conventionnel et que la lectrice un peu terre à terre que je suis est un peu restée sur sa faim en ce qui concerne cet énigmatique et très métaphorique "homme au fond". Mais cela n'enlève rien à la délicatesse et à la finesse du livre.
vendredi 3 avril 2015
Chagrin d'école de Daniel pennac
Note : 9/10
Présentation :
Chagrin d'école est un récit autobiographique sur le parcours psychologique d'un cancre dans le système scolaire, en plus de plusieurs réflexions et anecdotes sur le propre parcours de l'auteur qui était lui même un très mauvais élève.
Les plus
- Ce petit essai se lit très rapidement. Il est écrit de manière assez simple et accessible.
- Le parcours de Daniel Pennac est atypique, puisqu'il est passé du statut de cancre à celui de professeur, et même à celui d'écrivain reconnu. Il ne s'agit donc pas seulement d'un énième essai sur l'école, mais aussi d'un récit autobiographique.
- En tant qu'enseignante, j'ai été particulièrement intéressée par les réflexions de l'auteur sur l'éducation et la jeunesse en général. Sa peinture de l'école, des professeurs et des élèves est relativement juste.
- Cet essai est optimiste, et c'est assez rare ces derniers temps pour le souligner. Il donnerait de l'enthousiasme et de l'espoir à n'importe quel élève en difficulté ( aujourd'hui, on n'utilise plus le terme de cancre...) et à n'importe quel enseignant (au passage on peut reprendre certaines pratiques pédagogiques ... )
- J'ai apprécié l'humour et l'autodérision du narrateur qui se manifestent de temps en temps, et qui permettent de conférer de la légèreté à un essai qui traite pourtant d'un sujet sérieux.
Les moins :
- Même si l'auteur évoque parfois ses échecs, et anticipe les remarques qu'on pourrait lui faire sur sa vision du cancre et des jeunes, on peut être amené à trouver cet ancien professeur un brin utopiste. Mais ne faut-il pas l'être un peu si on exerce le métier d'enseignant ...
mercredi 9 juillet 2014
Patients de Grand Corps Malade
Avis : 8/10
Présentation :
"J'ai envie de vomir.
J'ai toujours été en galère dans les moyens de transport, quels qu'ils soient. J'ai mal au coeur en bateau, bien sûr, mais aussi en avion, en voiture... Alors là, allongé sur le dos à contresens de la marche, c'est un vrai calvaire.
Nous sommes le 11 août et il doit bien faire 35 degrés dans l'ambulance. Je suis en sueur, mais pas autant que l'ambulancier qui s'affaire au-dessus de moi; je le vois manipuler des tuyaux, des petites poches et plein d'autres trucs bizarres. Il a de l'eau qui lui glisse sur le visage et qui forme au niveau du menton un petit goutte-à-goutte bien dégueulasse.
Je sors tout juste de l'hôpital où j'étais en réanimation ces dernières semaines. On me conduit aujourd'hui dans un grand centre de rééducation qui regroupe toute la crème du handicap bien lourd: paraplégiques, tétraplégiques, traumatisés crâniens, amputés, grands brûlés...
Bref, je sens qu'on va bien s'amuser."
Présentation :
"J'ai envie de vomir.
J'ai toujours été en galère dans les moyens de transport, quels qu'ils soient. J'ai mal au coeur en bateau, bien sûr, mais aussi en avion, en voiture... Alors là, allongé sur le dos à contresens de la marche, c'est un vrai calvaire.
Nous sommes le 11 août et il doit bien faire 35 degrés dans l'ambulance. Je suis en sueur, mais pas autant que l'ambulancier qui s'affaire au-dessus de moi; je le vois manipuler des tuyaux, des petites poches et plein d'autres trucs bizarres. Il a de l'eau qui lui glisse sur le visage et qui forme au niveau du menton un petit goutte-à-goutte bien dégueulasse.
Je sors tout juste de l'hôpital où j'étais en réanimation ces dernières semaines. On me conduit aujourd'hui dans un grand centre de rééducation qui regroupe toute la crème du handicap bien lourd: paraplégiques, tétraplégiques, traumatisés crâniens, amputés, grands brûlés...
Bref, je sens qu'on va bien s'amuser."
Ce que j'ai pensé du livre :
Le
récit s'ouvre sur deux textes de chansons : "Sixième sens" qui évoque
le handicap, et "Je dors sur mes deux oreilles", véritable hymne à la
vie. Ces textes, qui sont aussi autobiographiques, sont emprunts de
poésie, et contrastent avec le ton du récit lui-même qui est assez
froid, fait de phrases courtes, presque uniquement explicatives. On sent
une certaine pudeur, une volonté de ne pas s'apitoyer et de faire
comprendre le quotidien des malades du centre de rééducation dans lequel
Fabien Marsaud a séjourné. Ce n'est pourtant pas un récit triste car il
est parsemé de touches d'humour qui mettent à distance l'émotion. Elle
n'est d'ailleurs
jamais loin, et ce sont les non-dits qui la provoquent. Grand Corps
malade a rendu hommage, en racontant son vécu, à tous les "Patients"
qu'il a rencontrés (et aussi à tous les autres...)
Quand
j'ai refermé le livre, une petite larme à l’œil je dois l'avouer, je me
suis dit qu'il fallait relativiser nos petites misères,et surtout
profiter de ce que nous apporte la vie.
J'ai lu ce livre dans le cadre du Challenge Partage sur le forum Partage Lecture.
J'ai lu ce livre dans le cadre du Challenge Partage sur le forum Partage Lecture.
Voici une chanson de Grand Corps Malade. Je trouve les paroles et clip magnifiques :
lundi 28 avril 2014
Le Voile noir, Anny Duperey
Présentation : Anny Duperey a perdu ses parents lorsqu'elle avait 8 ans. A partir de ce moment-là, sa mémoire a effacé les souvenirs de sa vie avec eux, et c'est comme si elle était née après leur mort, d'où le titre de cette autobiographie, "Le Voile noir".
Avis : 8/10
J'ai aimé :
- Le style d'Anny Duperey, à la fois simple et efficace, mais aussi poétique.
- Lorsque une autobiographie est écrite par une célébrité, on peut craindre un coup de communication pour relancer une carrière, des déballages indécents... Rien de tout cela ici. L'auteur commente des photos prises par son père et tente ainsi d'en savoir plus sur ses parents, en même temps qu'elle réfléchit sur ce « voile noir » et ce qu'il a fait d'elle. C'est touchant, sans être larmoyant. Ce n'est pas un récit de la vie d'une comédienne, mais la recherche d'identité d'une femme comme les autres.
-Le cheminement de l'auteur, qui évolue grâce à l'écriture et à l'observation des photos.
Je n'ai pas apprécié :
-Quelques longueurs parfois. Mais je pense que le côté introspection les rend incontournables. Cela est contrebalancé par des chapitres courts, un style agréable et surtout par les photos magnifiques du père de l'auteur.

Anecdotes :
Anny Duperey a consacré plusieurs ouvrages aux chats :
-Les Chats du hasard, récit autobiographique d'une amoureuse des chats.
-Les Chats mots, anthologie des textes illustrés sur les chats.
-Les Chats, texte illustré de 200 photos, dont certaines de l'auteur, sur les chats.
Citation : Anny Duperey parle de son besoin d'écrire cette autobiographie :
« Il m'apparut- et ceci est très nouveau pour moi car j'ai toujours cru le contraire- que mon sentiment d'impudeur serait plus fort dans l'intimité, et aussi la tentative de fuite. Le public, ou l'idée d'être lu, oblige à une tentative honnête (j'ai un tempérament honnête) de lucidité. Et surtout un effort de dignité dans la forme. »
Thèmes :
Enfance -Parent -Autobiographie
Si vous avez aimez ce livre, vous aimerez sans doute : Rien ne s'oppose à la nuit, de Delphine de Vigan et W ou le souvenir d'enfance , de Georges Perec
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